Le théâtre Jean Vilar à Vitry a été construit il y a 25 ans et accueille 20 000 spectateurs par an environ. On dirait un immeuble. Il se situe en face de l’Hôtel de ville. Devant son entrée, il y a une installation où des néons colorés s’illuminent le soir, au milieu d’une grande place qui sert de terrain de jeu pour les jeunes. Rencontre avec Gérard Astor, directeur.
Ce théâtre de banlieue est entouré de plusieurs bâtiments. Il a connu une année importante en 1998 car le théâtre a été fermé pendant un an pour l’agrandir. Avant cette date celui-ci comportait 600 places, n’avait qu’une personne pour s’occuper de la relation avec le public et n’accueillait pas de vedettes. Maintenant, il contient 900 places et une équipe de quatre personnes s’occupe du public. Il accueille chaque année quatre à cinq vedettes nationales ou internationales. Le budget artistique a été augmenté de 50%.
Le théâtre est modulable : les murs de l’intérieur peuvent bouger pour des changements de salle, les gradins sont montés sur des roulettes et les sièges sont repliables. La scène peut être surélevée grâce à des plateaux. Les projecteurs au plafond sont sur une tournette qui permet de suivre la scène qui bouge. Et il fait partie des quatre seuls théâtres modulables en France.
Le directeur Gérard Astor nous a reçu au foyer des artistes, une salle près des loges où les artistes peuvent se reposer et manger. Accueillant et direct, il nous a expliqué que le théâtre n’est pas un centre culturel et qu’il y a une différence entre l’art et la culture. En effet, tout le monde a une culture. Mais le théâtre accueille avant tout des œuvres.
Gérard Astor, directeur du Théâtre Jean Vilar
Pensez –vous que le théâtre est important pour les jeunes ?
Je pense que le théâtre est une des choses les plus importantes. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut le faire. Les jeunes construisent leur mode de pensée et leur conception du monde. Selon les œuvres, je pense que le théâtre, la danse, l’opéra font rêver. On peut imaginer grâce à ça une autre vision du monde. Venir au théâtre c’est imaginer des possibles.
Est-ce que c’est plus difficile de programmer des pièces, des spectacles, des concerts en banlieue ou à Paris ?
Paris comporte plusieurs grands théâtres : des théâtres privés (pour la bourgeoisie) et des petits théâtres qui ont du mal à s’en sortir. On ne peut pas rivaliser face aux grands théâtres de Paris car ils sont connus et que 400 000 habitants sortent tous les soirs. En plus à Paris il y a des restaurants, des bus, le métro, alors qu’à Vitry c’est un effort d’aller au théâtre. Par contre, on peut rivaliser avec les petits théâtres parce qu’on a le soutient de la municipalité.
Le public vient-il plus de Vitry ou de Paris ?
Deux tiers du public est vitriot et parfois la moitié du public vient de l’extérieur. Mais le public vitriot est prioritaire. Notre théâtre ne peut exister sans le public de Vitry. Il a aussi besoin d’autres spectateurs. Et puis la mixité des spectateurs rend le public vivant.
Le public est-il plutôt jeune ou âgé ? Féminin ou masculin ?
Tout dépend du spectacle. Par exemple, pour Grand Corps Malade, le public était de tout âge et mixte. C’était complet et fabuleux. En général, il y a beaucoup de couples, de sorties de groupes, de quartiers, des écoles qui viennent avec les élèves et leurs parents … La mixité est garantie. Mais il y a un peu plus de filles et de femmes.
Les pièces sont-elles adressées à un public en particulier ? (A des enfants, aux adultes etc.)
C’est variable. On s’intéresse particulièrement au jeune public mais c’est deux fois plus difficile de les attirer. Il y a toujours le souci d’intéresser aussi les adultes.
Voulez-vous attirer les gens de Paris à la banlieue grâce au théâtre et à ses spectacles ?
Je ne cherche pas cela. Si je voulais attirer le public parisien je programmerais des spectacles connus. Je travaille pour les artistes et pour la population de Vitry, mais si ce qui se passe est important, ça va attirer le public parisien. Par exemple, le spectacle Peer Gynt qui sera accueilli du 28 au 30 mars aura évidemment un public parisien en majorité.
Lucille Lemaire, 13 ans et Minh Thu Vu Ngoc, 13 ans.
Le Théâtre Jean Vilar à Vitry sur seine

